Villa Mylo ne se pose pas sur l'île : elle en prolonge la matière. Construite
en 2014-2015, elle empile la pierre sèche des Cyclades et de longues dalles de béton
jusqu'à ce que l'on ne sache plus où finit la roche et où commence la maison.
Certains murs intérieurs sont restés bruts, la falaise elle-même, laissée nue
derrière la vasque d'une salle de bain.
Ici, l'architecture s'efface devant le paysage. Les baies vitrées coulissent
entièrement dans les murs : les 84 m² de salon, salle à manger et cuisine ouverte
se prolongent en 268 m² de terrasse, jusqu'au bord de la falaise. Rien ne sépare
plus le regard de l'horizon — seulement les dix-huit mètres de la piscine à
débordement, qui se confond avec la mer au crépuscule.
Orientée sud et ouest, la propriété suit la lumière : bleu minéral au matin,
or liquide au couchant, ciel absolument noir la nuit venue. Les deux plus proches
voisins sont deux villas ; au-delà, plus rien. L'helipad permet
d'arriver sans passer par le port, ou devient, sa dalle nue posée face au large,
la plus belle des plateformes de yoga.